Patrimoine et aménagement durable du territoire

Le champ patrimonial s'élargit des monuments à l'architecture quotidienne, à l'urbanisme, aux paysages et aux savoir faire. Le comité d'action s'intéresse à la mise en valeur du patrimoine pris au sens large du terme dans le cadre à la fois du développement local et de l'aménagement durable du territoire.

Son activité implique l'identification, l'étude et l'accompagnement d'opérations significatives. Elle répond à l'accroissement des acteurs impliqués et à la diversification des compétences nécessaires. Elle s'inscrit dans la nouvelle logique de développement culturel, social et économique des territoires qui se répand en France et dans de nombreux autres pays et qui est préconisée dans le cadre de politiques territoriales européennes.
L'ouverture, par une série d'auditions, vers l'ensemble des acteurs agissant dans le champ patrimonial correspond à l'une des spécificités d'ICOMOS France. Elle permet d'animer sa vie interne, d'élargir son audience et d'approfondir ses réflexions prospectives.
Animé initialement par Jean-Marie Vincent, ce comité l'est actuellement par Samir Abdulac, architecte et urbaniste, directeur du CAUE d'Eure-et-Loir, membre du bureau d'ICOMOS France et représentant celle-ci au sein du Comité international « Villes et villages historiques » d'ICOMOS. Près d'une vingtaine de réunions internes et d'auditions ont rassemblé au cours des 5 dernières années plus d'une soixantaine de personnes différentes, membres permanents ou participants occasionnels.
Une première série d'enquêtes de terrain réalisée en 1998-1999 avait engagé un travail de réflexion avec les acteurs de terrain, préparé une communication à l'assemblée générale de l'Icomos de Mexico (1999) et rassemblé la matière de l'ouvrage "Patrimoine quotidien et aménagement durable du territoire" publié en 2000 et qui fit l'objet d'une large présentation publique à Paris.?Le Comité s'est depuis régulièrement réuni pour interroger des responsables nationaux ou locaux des secteurs publics et privés engagés dans ce type de politiques territoriales. Il a en outre réalisé, pour le compte de la DATAR (la DIACT maintenant), une série de missions d'étude en région sur des opérations illustrant cette démarche de manière représentative.


La collaboration avec la DATAR
Au cœur d'actions conduites depuis des décennies au niveau régional (en particulier les Contrats régionaux d'aménagement rural), soutenue par plusieurs vagues de financements européens (FEDER), le développement des territoires ruraux est devenu ces dernières années l'une des priorités de la politique d'aménagement du territoire en France. Le Comité Interministériel d'Aménagement durable du Territoire (CIADT) de septembre 2003 puis la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux en sont l'expression. Toutes les mesures qui ont été prises se fondent sur une conviction : les territoires ruraux constituent des réservoirs de croissance et d'excellence au niveau national, et contribuent à l'attractivité et au développement de la France. Leur rôle est essentiel dans la bataille pour l'emploi et dans l'engagement national en faveur du développement durable. Or parallèlement, on a vu émerger progressivement au cours des dernières décennies la prise de conscience que le patrimoine bâti et paysager est pour ces territoires l'un de leurs atouts majeurs de leur développement, car il constitue le fondement de leur identité. C'est pourquoi, dès (1993), la section française d'ICOMOS a décidé de mobiliser les différentes catégories de ses membres impliqués dans ce type d'action : architectes du patrimoine, conservateurs et administrateurs des services des différents ministères, CAUE, organismes des statuts divers, collectivités territoriales... Un groupe de travail s'est progressivement constitué à la suite des colloques de Poitiers-Rochefort en 1994 sur "Bâtiment, patrimoine, emploi" (section française de l'Icomos), et de Cahors en 1997 intitulé "Du patrimoine quotidien au développement local", (FNCAUE-section française de l'Icomos).